Les jeunes Africains et le mirage de l’ailleurs : une illusion à déconstruire pour bâtir chez soi

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Les jeunes Africains et le mirage de l’ailleurs : une illusion à déconstruire pour bâtir chez soi

Dans l’imaginaire collectif de nombreux jeunes Africains aujourd’hui, le bonheur, la réussite et l’avenir semblent toujours situés « ailleurs ». Cet « ailleurs » est souvent l’Europe, l’Amérique ou parfois même l’Asie. Des terres perçues comme des paradis d’opportunités, de libertés et de succès. Résultat : l’exode massif de cerveaux, l’immigration irrégulière, la frustration de ceux qui restent, et le sentiment d’abandon progressif du continent.

Mais penser que le bonheur est nécessairement à l’extérieur de l’Afrique est une erreur dangereuse, à la fois psychologique, économique et sociale. Car c’est en croyant en soi et en construisant chez soi que l’on peut transformer son destin — et celui de tout un continent.


Un rêve construit par les réseaux et la frustration

Le jeune Africain d’aujourd’hui est connecté. Il voit des vidéos de TikTokers vivant à Paris, des influenceurs à Dubaï, des étudiants heureux à Montréal. Il compare ces images à sa propre réalité souvent marquée par le chômage, la pauvreté, la corruption ou les inégalités. L’Europe devient alors un rêve, une échappatoire, voire un remède universel à ses problèmes.

Mais cette perception est souvent faussée. Les images diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas les réalités : solitude, racisme, précarité, travaux pénibles, chocs culturels. Beaucoup de jeunes qui réussissent à « partir » se rendent vite compte que l’étranger n’est pas un eldorado, mais un lieu où il faut se battre, souvent plus qu’à la maison.


Pourquoi penser que tout est mieux ailleurs est une erreur ?

1. Le bonheur n’est pas une géographie

Le bonheur n’est pas dans un pays, une ville ou une langue. Il est dans le regard qu’on porte sur sa vie, dans ses relations, ses valeurs, ses objectifs. On peut être malheureux à Paris et épanoui à Bamako.

2. Construire ailleurs au lieu de chez soi, c’est fuir sa responsabilité

Quand les jeunes partent massivement, qui reste pour développer l’Afrique ? Qui bâtira les entreprises, les hôpitaux, les écoles, les start-ups ? Fuir, c’est aussi parfois abandonner le combat que nos ancêtres ont mené pour l’indépendance et le progrès.

3. L’illusion de l’herbe plus verte

L’Occident n’est pas sans problèmes : chômage des jeunes, coût de la vie élevé, burn-out, isolement. Croire que tout y est plus simple, c’est tomber dans le piège d’un mythe colonial inversé, où l’on pense que seul l’étranger est porteur de valeur.


Changer de mentalité : l’Afrique, une terre d’opportunités

Certes, l’Afrique a ses défis. Mais elle est aussi un continent jeune, dynamique, plein de ressources et d’idées. De nombreux jeunes y réussissent déjà : des agriculteurs devenus millionnaires, des développeurs d’applications innovantes, des artistes mondialement reconnus, des activistes qui changent leur pays.

Pour cela, il faut croire en soi, oser entreprendre, s’unir, apprendre, et persévérer.


Quelques pistes pour construire chez soi :

  • Investir dans l’éducation : apprendre, se former localement ou à distance, pour apporter une expertise utile à sa communauté.
  • Entreprendre localement : répondre aux besoins réels du pays : agriculture, énergie, santé, numérique, éducation.
  • Créer des réseaux de solidarité : les jeunes doivent collaborer, créer des collectifs, des coopératives, des startups.
  • Changer le regard sur son pays : voir le potentiel avant les problèmes. C’est une question d’attitude et de foi en l’avenir.
  • Rester informé mais lucide : ne pas se laisser manipuler par les images des réseaux sociaux. La vraie vie commence quand on agit, pas quand on rêve.

Et si le bonheur commençait ici, maintenant ?

Il est temps de déconstruire le mythe de l’ailleurs meilleur. Le bonheur ne se cherche pas nécessairement en dehors de soi, ni en dehors de son continent. Il se construit, pierre après pierre, dans l’engagement, la persévérance et la foi en un futur africain possible.

Aux jeunes Africains : vous n’avez pas besoin de partir pour exister. Vous êtes déjà porteurs d’un avenir puissant. Ne cherchez pas la lumière ailleurs : soyez la lumière, ici.

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